Monsieur Jourdain
Il faut que je vous fasse enfin la confidence
Que je suis amoureux, et de toute évidence
La personne que j’aime et dont les qualités
Ne le cèdent en rien aux plus grandes beautés
Attend de moi l’envoi de quelques écritures
Sur un petit billet glissé sous ses chaussures
Maître de philosophie
Quant à moi, je n’y vois aucun inconvénient
Monsieur Jourdain
Ce sera galant, oui.
Maître de philosophie
(Peut être un peu gnangnan…)
Sont-ce plutôt des vers, que vous voulez écrire ?
Monsieur Jourdain
Il n’en est pas question ! Des vers ? Vous voulez rire
Maître de philosophie
Ainsi vous ne voulez que de la prose ?
Monsieur Jourdain
Non !…
Maître de philosophie
(La peste soit du sot, bon pour le cabanon!)
Il faut, figurez vous, que ce soit l’un ou l’autre.
Monsieur Jourdain
Pourquoi ?
Maître de philosophie
Par la raison (il faut la faire vôtre)
Qu’on n’a pour s’exprimer , que la prose ou les vers.
Monsieur Jourdain
Que la prose ou les vers ? Dans tout notre univers ?
Maître de philosophie
Écoutez-moi, monsieur : tout ce qui n’est point prose
Est sans conteste vers ; bien sûr cela suppose
Que l’on peut renverser la propositi-on :
Le non-vers sera prose, et sans excepti-on
Monsieur Jourdain
Qu’est ce donc que je parle en ce présent moment ?
Maître de philosophie
De l’excellente prose, incontestablement !
Monsieur Jourdain
Quoi ? quand je dis : « Nicole, apportez mes pantoufles
Et mon bonnet de ski, mes après-skis, mes moufles ! »
C’est toujours de la prose ?
Maître de philosophie
Hé oui, monsieur.
Monsieur Jourdain
Seigneur !
Voilà plus de trente ans que , piètre bredouilleur,
Je disais de la prose en toute inconsci-ence !
Je vous suis obligé de votre complaisanse.
Mais je vais revenir à mon petit billet.
Je voudrais seulement que dedans il y ait :
Me font mourir d’amour, vos yeux, belle Marquise.
Mais je le voudrais dit d’une façon exquise.
Maître de philosophie
Mettez que le diamant de son œil à des feux
Que ne saurait calmer le pompier de ces lieux ;
Que vous souffrez dès l’aube et jusqu’au crépuscule…
Monsieur Jourdain
Non, non, non, non, non, non, ce serait ridicule,
Cherchez mieux, s’il vous plait, je ne veux point cela.
Je veux ce que j’ai dit sans plus de tralala :
Me font mourir d’amour, vos yeux, belle Marquise.
Maître de philosophie
C’est un alexandrin plus froid qu’une banquise !
Monsieur Jourdain
Non ! dedans mon billet, je ne veux que ces mots
Mais tournés à la mode, arrangés comme il faut !
Vous devez bien savoir, vous, qui vous dites maître
Les diverses façons dont on pourrait les mettre.
Maître de philosophie
La première façon, c’est un chose acquise
Me font mourir d’amour, vos yeux, belle Marquise
Pourrait laisser la place à ces autres, voyons :
Ou Marquise mourrir vos yeux d’amour me font
Ou vos yeux me mourir Marquise font d’amour
Ou d’amour vos beaux yeux me font Marquise mour-
Ir, et l’enjambement de cette désinence
De votre passi-on assure l’éminence
Monsieur Jourdain
En voilà des façons… dites-moi cependant
Laquelle est la meilleure, a le plus d’ascendant.
Maître de philosophie
Sans conteste, la vôtre, elle est la plus précise :
Me font mourir d’amour, vos yeux, belle Marquise.
Monsieur Jourdain
Je vous suis obligé de ce certificat
D’autant que je n’ai pas mon baccalauréat.
Jacques Jouet
Le Bourgeois versifié
Bibliothèque Oulipienne
Théâtre, XXè | Proposé par FD_S | Tags : Jacques Jouet, Les Bourgeois versifié, Oulipo |
[Incipit]
Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie , un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau , Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l’on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d’ autobus , un tailleur, un hôtel , une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens ( Bossuet , Fénelon , Fléchier et Massillon) , un kiosque à journaux, un marchand d’objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d’autres choses encore.
Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages .
1
La date : 18 octobre 1974
L’heure 10 h. 30
Le lieu Tabac Saint-Sulpice
Le temps : Froid sec. Ciel gris. Quelques éclaircies.
Esquisse d’un inventaire de quelques-unes des choses strictement visibles :
— Des lettres de l’alphabet, des mots « KLM » (sur la pochette d’un promeneur), un « P » majuscule qui signifie « parking » « Hôtel Récamier », « St-Raphaël », « l’épargne à la dérive », « Taxis tête de station », « Rue du Vieux-Colombier », «Brasserie-bar La Fontaine Saint-Sulpice », « P ELF », «Parc SaintSulpice ».
— Des symboles conventionnels : des flèches , sous le « P » des parkings, l’une légèrement pointée vers le sol, l’autre orientée en direction de la rue Bonaparte (côté Luxembourg ), au moins quatre panneaux de sens interdit (un cinquième en reflet dans une des glaces du café).
— Des chiffres : 86 (au sommet d’un autobus de la ligne no 86, surmontant l’indication du lieu où il se rend : S aint-Germain-desPrés ) , 1 (plaque du no 1 de la rue du Vieux-Colombier ), 6 (sur la place indiquant que nous nous trouvons dans le 6e arrondissement de Paris).
— Des slogans fugitifs : « De l’ autobus , je regarde Paris »
— De la terre : du gravier tassé et du sable.
— De la pierre : la bordure des trottoirs, une fontaine , une église , des maisons…
— De l’asphalte
— Des arbres ( feuilles, souvent jaunissants )
— Un morceau assez grand de ciel (peut-être 1/6e de mon champ visuel)
— Une nuée de pigeons qui s’abat soudain sur le terre-plein central, entre l’église et la fontaine
— Des véhicules (leur inventaire reste à faire)
— Des êtres humains
— Une espèce de basset
— Un pain (baguette)
— Une salade (frisée ?) débordant partiellement d’un cabas
Trajectoires :
Le 96 va à la gare Montparnasse
Le 84 va à la porte de Champerret
Le 70 va Place du Dr Hayem , Maison de l’O.R.T.F.
Le 86 va à Saint-Germain-desPrés
Exigez le Roquefort Société le vrai dans son ovale vert
Aucune eau ne jaillit de la fontaine. Des pigeons se sont posés sur le rebord d’une de ses vasques.
Sur le terre-plein, il y a des bancs, des bancs doubles avec un dosseret unique. Je peux, de ma place, en compter jusqu’à six. Quatre sont vides. Trois clochards aux gestes classiques (boire du rouge à la bouteille) sur le sixième.
Le 63 va à la Porte de la Muette
Le 86 va à Saint-Germain-des-Prés
Nettoyer c’est bien ne pas salir c’est mieux
Un car allemand
Une fourgonnette Brinks
Le 87 va au Champ-de-Mars
Le 84 va à la porte de Champerret
Couleurs :
rouge ( Fiat, robe, St-Raphaël, sens uniques )
sac bleu
chaussures vertes
imperméable vert
taxi bleu
deux-chevaux bleue
Le 70 va à la Place du Dr Hayem , Maison de l’O.R.T.F.
méhari verte
Le 86 va à Saint-Germain-desPrés : Yoghourts et desserts
Exigez le Roquefort Société le vrai dans son ovale vert
La plupart des gens ont au moins une main occupée : ils tiennent un sac, une petite valise, un cabas, une canne, une laisse au bout de laquelle il y a un chien , la main d’un enfant.
Un camion livre de la bière en tonneaux de métal ( Kanterbraü , la bière de Maître Kanter)
Le 86 va à Saint-Germain-desPrés
Le 63 va à la Porte de la Muette
Un car « Cityrama » à deux étages
Un camion bleu de marque mercédès
Un camion brun Printemps Brummell
Le 84 va à la porte de Champerret
Le 87 va au Champ-de-Mars
Le 70 va Place du Dr Hayem , Maison de l’O.R.T.F.
Le 96 va à la Gare Montparnasse
Darty Réal
Le 63 va à la Porte de la Muette
Casimir maître traiteur. Transports Charpentier.
Berth France S.A.R.L.
Le Goff tirage à bière
Le 96 va à la Gare Montparnasse
Auto-école
Venant de la rue du Vieux-Colombier , un 84 tourne dans la rue Bonaparte (en direction du Luxembourg )
Walon déménagements
Fernand Carrascossa déménagements
Pommes de terre en gros
D’un car de touristes une Japonaise semble me photographier.
Un vieil homme avec sa demi-baguette, une dame avec un paquet de gâteaux en forme de petite pyramide
Le 86 va à Saint-Mandé (il ne tourne pas dans la rue Bonaparte , mais il prend la rue du Vieux-Colombier )
Le 63 va à la Porte de la Muette
Le 87 va au Champ-de-Mars
Le 70 va Place du Dr Hayem , Maison de l’O.R.T.F.
Venant de la rue du Vieux-Colombier , un 84 tourne dans la rue Bonaparte (en direction du Luxembourg )
Un car, vide.
D’autres Japonais dans un autre car
Le 86 va à Saint-Germain-des Prés
Braun reproductions d’art
Accalmie (lassitude ?)
Pause.
Georges Perec
Tentative d’épuisement d’un lieu parisien
Éditions Christian Bourgeois
1975
XXè | Proposé par FD_S | Tags : Georges Perec, Oulipo, Tentative d'épuisement d'un lieu parisien |
« Ce petit ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers bien entendu. C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre) ».
1
Quand l’un avecque l’autre aussitôt sympathise
pour du fin fond du nez exciter les arceaux
sur l’antique bahut il choisit sa cerise
on espère toujours être de vrais normaux
Souvenez-vous amis de ces îles de Frise
qui se plaît à flouer les provinciaux
un frère même bas est la part indécise
la mite a grignoté tissus os et rideaux
Du Gange au Malabar le lord anglais zozotte
on sale le requin on fume à l’échalotte
lorsqu’il voit la gadoue il cherche le purin
Enfin on vend le tout homards et salicoques
on mettait sans façon ses plus infectes loques
si l’Europe le veut l’Europe ou son destin
2
C’était à cinq o’clock que sortait la marquise
depuis que lord Elgin négligea ses naseaux
une toge il portait qui n’était pas de mise
et tout vient signifier la fin des haricots
Je me souviens encor de cette heure exquise
d’où Galilée jadis jeta ses petits pots
aller à la grande ville est bien une entreprise
a tous n’est pas donné d’aimer les chocs verbaux
La Grèce de Platon à coup sûr n’est point sotte
on sale le requin on fume à l’échalotte
lorsque Socrate mort passait pour un lutin
Frère je te comprends si parfois tu débloques
comptant tes abattis lecteur tu te disloques
le Beaune ou le Chianti sont-ils le même vin?
3
Du jeune avantageux la nymphe s’était éprise
pour consommer un thé puis des petits gâteaux
il se penche et alors à sa grande surprise
elle soufflait bien fort par-dessus les côteaux
Quand on prend des photos de cette tour de Pise
les gauchos dans la plaine agitaient leurs drapeaux
l’un et l’autre ont raison non la foule imprécise
les Grecs et les Romains en vain cherchent leurs mots
Du Gange au Malabar le lord anglais zozotte
on gifle le marmot qui plonge sa menotte
les croque-morts sont là pour se mettre au turbin
On a bu du pinard à toutes les époques
les Indes ont assez sans ça de pendeloques
si l’Europe le veut l’Europe ou son destin
Raymond Queneau
Cent mille milliards de poêmes
Editions Gallimard, 1961
Poésie, XXè | Proposé par FD_S | Tags : Cent mille millards de poêmes, Oulipo, Raymond Queneau |
Qu’est-ce qu’un poème de bistro ?
J’écris, de temps à autre, des poèmes de bistro. Ce poème en est un.
Voulez-vous savoir ce qu’est un poème de bistro ? Admettons que la réponse soit oui. Voici donc ce qu’est un poème de bistro.
Un poème de bistro est un poème composé dans un bistro, pendant le temps d’une beuverie.
Un poème de bistro compte autant de vers que votre beuverie compte de verres moins un.
Le premier vers est composé dans votre tête entre les deux premiers verres de votre beuverie (en comptant le verre de départ).
Il est transcrit sur le papier quand le coude redémarre au verre deux.
Le deuxième vers est composé dans votre tête entre les verres deux et trois de votre beuverie. Et ainsi de suite.
Il ne faut pas composer quand le coude est en marche.
Il ne faut pas transcrire quand le coude est arrêté.
Le dernier vers du poème est transcrit sur le banc du fourgon de police.
Si votre beuverie impose un ou plusieurs changements de tabouret, le poème comporte deux strophes ou davantage.
Si par malchance le coude redémarre entre deux verres, c’est toujours un moment délicat de l’écriture d’un poème de bistro.
Ian Monks
Poème de Bistro
Bibliothèque Oulipienne
(cf Poème de métro)
Poésie, XXè | Proposé par FD_S | Tags : Ian Monk, Oulipo, Poème de bistro |
Qu’est-ce qu’un poème de métro ?
J’écris, de temps à autre, des poèmes de métro. Ce poème en est un.
Voulez-vous savoir ce qu’est un poème de métro ? Admettons que la réponse soit oui. Voici donc ce qu’est un poème de métro.
Un poème de métro est un poème composé dans le métro, pendant le temps d’un parcours.
Un poème de métro compte autant de vers que votre voyage compte de stations moins un.
Le premier vers est composé dans votre tête entre les deux premières stations de votre voyage (en comptant la station de départ).
Il est transcrit sur le papier quand la rame s’arrête à la station deux.
Le deuxième vers est composé dans votre tête entre les stations deux et trois de votre voyage.
Il est transcrit sur le papier quand la rame s’arrête à la station trois. Et ainsi de suite.
Il ne faut pas transcrire quand la rame est en marche.
Il ne faut pas composer quand la rame est arrêtée.
Le dernier vers du poème est transcrit sur le quai de votre dernière station.
Si votre voyage impose un ou plusieurs changements de ligne, le poème comporte deux strophes ou davantage.
Si par malchance la rame s’arrête entre deux stations, c’est toujours un moment délicat de l’écriture d’un poème de métro.
Jacques Jouet
Poème de métro
Bibliothèque Oulipienne
Poésie, XXè | Proposé par FD_S | Tags : Jacques Jouet, Oulipo, Poème de métro |
La campagne,
Tu m’attends.
La montagne.
Plus longtemps.
Sur mes pensées,
Aucun bruit,
Les mains croisées,
Comme la nuit.
Soir qui tombe,
Vers Harfleur,
Sur ta tombe
Bruyère en fleur.
Note : ce texte est basé sur la contrainte oulipienne de haï-kaïsation. « On ne garde d’un poème que des fins de vers, (réduction aux sections rimantes) créant ainsi des poèmes très brefs, proches du haïku. »
Le texte souche est ici
Poésie, XXIè | Proposé par FD_S | Tags : Demain dès l'aube, Haï-kaïsation, Oulipo, Victor Hugo |
Le Taurossignol
Soleil de plomb.
Chaleur torride.
Le taurossignol d’avance
Dans l’arène, seul.
La chaleur et la rumeur, majeures,
L’excitent. Il frappe, il martèle
Le sable de ses sabots avant.
Il dresse l’oreille et lève la queue
Il trépigne. Alors, seul, planté au centre de l’arène,
Il ouvre une large bouche et de sa voix
De soprano coloratur,
Entonne l’air de L’Arène de la Nuit.
L’escargoéland
Avec ses deux ailes
Qui traînent à terre
Comme des haltères
Au bout de bretelles,
L’escargoéland
Jamais ne se presse :
Il sait que sans cesse
L’escargoéland
La pie-panthère
Le chasseur chasse. Il cherche la pie-panthère. Et la pie-panthère se cache. C’est l’ordre naturel des choses. Le chasseur est furieux. Il écume de rage. Il promet à la pie-panthère un sacré passage à tabac.
Il arrive parfois que le chasseur trouve enfin une pie-panthère.
Il n’est pas rare alors qu’il la bourre et qu’il l’allume.
Les colibriques
Tous les matins, je descends dans mon jardin
Il est entouré d’un mur rouge, rouge, de deux mètres de haut
Quand je m’approche du mur avec mon arrosoir on entend des pépiements
Des pépiements, des pépiements, et des claquements de bec
Des plumes éclatantes vertes, vertes sortent du mur rouge, rouge
De mon arrosoir je verse du nectar de fleurs dans chaque bec
De mon mur bâti en colibriques
L’écrevisse
L’écrevisse aboie.
Jacques Roubaud et Olivier Salon
Extrait de Sardinosaures
Bibliothèque Oulipienne
Note : ces textes sont basés sur la contrainte oulipienne du sardinosaure. « On commence par penser à deux animaux tels que la dernière syllabe de l’un soit la première de l’autre, comme gazelle et éléphant, ou bien taureau et rossignol, ou encore okapi et pigeon. On réunit alors les deux mots, ce qui fournit dans nos exemples la gazelléphant, ou bien le taurossignol, ou encore l’okapigeon. Les animaux ainsi conçus sont appelés de façon générique des Sardinosaures, du nom du premier de cette famille, inventé par Jacques Roubaud. On écrit alors un court texte décrivant l’animal chimérique, en s’inspirant des particularités des deux parents de la chimère. »
Poésie, XXè | Proposé par FD_S | Tags : Jacques Roubaud, Olivier Salon, Oulipo, Sardinosaures |