Roman

Extrait de la mère

La vieille revenait de si loin que ses enfants lui avaient acheté le meilleur cercueil possible et le tenaient tout prêt. Mais elle était si résistante qu’elle avait usé deux costumes destinés à son ensevelissement. La mère en était heureuse.

L’amour Pur

[Extrait] Désormais, elle ne tirait plus la porte violemment derrière elle. La première fois, un peu avant l’heure qu’il avait dite, elle avait frappé bruyamment. Il été allé ouvrir et l’avait réprimandée sur le bruit excessif qu’elle faisait en ouvrant

Paludes

[Incipit]   Mardi. Vers cinq heures le temps fraîchit ; je fermai mes fenêtres et je me remis à écrire. À six heures entra mon grand ami Hubert ; il revenait du manège. Il dit : « Tiens ! tu

Mourir

Comme il maudissait l’heure où l’incertitude sur son cas l’avait conduit chez ce médecin auquel, à force de mensonges et par l’étalage d’une force d’âme illusoire, il avait arraché la vérité entière, impitoyable. Ainsi était-il à présent un individu cent

Le vieux qui lisait des romans d’amour

[EXTRAIT] Assis sur les bonbonnes de gaz, le dentiste et le vieux regardaient couler le fleuve. De temps en temps, ils se passaient la bouteille de Frontera et fumaient des cigares à feuilles dures, les seuls qui résistaient à l’humidité.

L’Insoutenable Légèreté de l’ Etre – Milan Kundera

J’ai toujours devant les yeux Tereza assise sur une souche, elle caresse la tête de Karénine et songe à la faillite de l’humanité: en même temps une autre image m’apparait, Nietzsche sortant d’un hôtel de Turin. Il aperçoit devant lui un cheval et un

Total Khéops

Je ne pourrais pas rester longtemps ainsi. Derrière la porte, la terre continuait de tourner. Il y avait quelques salauds de moins sur la planète. C’était un autre jour, mais rien n’avait changé. Dehors, ça sentirait toujours le pourri. Je n’y pourrais