Archive
Kafka : Journal
1910 Les spectateurs se figent quand le train passe. « S’il a toujours des questions à me faire. » Le « ai », détaché de la phrase, vola au loin comme une balle sur la prairie. Sa gravité me tue. La
La Comtesse de Rudolstadt
[Incipit] I La salle de l’Opéra italien de Berlin, bâtie durant les premières années du règne de Frédéric le Grand, était alors une des plus belles de l’Europe. L’entrée en était gratuite, le spectacle étant payé par le roi. Il
Consuelo
[Incipit] I « Oui, oui, mesdemoiselles, hochez la tête tant qu’il vous plaira; la plus sage et la meilleure d’entre vous, c’est… Mais je ne veux pas le dire; car c’est la seule de ma classe qui ait de la
La force de l’âge
Prologue Je me suis lancée dans une imprudente aventure quand j’ai commencé à parler de moi : on commence, on n’en finit pas. Mes vingt premières années, il y a longtemps que je désirais me les raconter; je n’ai jamais oublié
Chronique des sept misères
[Incipit] Messieurs et dames de la compagnie, les trois marchés de Fort-de-France (viandes, poissons, légumes) étaient, pour nous djobeurs, les champs de l’existence. Une manière de ciel, d’horizon, de destin, à l’intérieur de laquelle nous battions la misère. En vous
Mémoires d’une jeune fille rangée
[Incipit] Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Sur les photos de famille prises l’été suivant, on voit de jeunes dames
Le galet
[Extrait] Le galet n’est pas une chose facile à bien définir. Si l’on se contente d’une simple description l’on peut dire d’abord que c’est une forme ou un état de la pierre entre le rocher et le caillou. Mais ce
Une jeunesse
[Incipit] Les enfants jouent dans le jardin et ce sera bientôt l’heure de la partie d’échecs quotidienne. — On lui retire son plâtre demain matin, dit Odile. Elle et Louis sont assis sur la terrasse du chalet et observent de
Un gentleman en Asie
[Incipit] Je n’ai jamais pu éprouver pour Charles Lamb l’affection que lui vouent la plupart des lecteurs*. Mon esprit contrariant s’irrite des transports des autres et — à contrecœur, car Dieu sait que je ne souhaite pas refroidir par ma
La route du retour
On oublie volontiers qu’en moyenne nous mourons sept fois plus lentement que nos chiens. La simplicité de cette loi proportionnelle m’a frappé très tôt, car j’ai grandi dans une région si reculée que durant mon enfance les chiens ont été