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L’Arbre des Amis
Il existe des personnes qui nous rendent heureux dans la vie, par le simple hasard de les avoir rencontrées sur notre chemin. Quelques-unes parcourent le chemin en entier à nos côtés, et voient passer beaucoup de lunes, mais il en
Cioran, Exercices d’admiration
Je ne l’ai rencontrée que deux fois. C’est peu. Mais l’extraordinaire ne se mesure pas en termes de temps. Je fus conquis d’emblée par son air d’absence et de dépaysement, ses chuchotements (elle ne parlait pas), ses gestes mal
L’Insoutenable Légèreté de l’ Etre – Milan Kundera
J’ai toujours devant les yeux Tereza assise sur une souche, elle caresse la tête de Karénine et songe à la faillite de l’humanité: en même temps une autre image m’apparait, Nietzsche sortant d’un hôtel de Turin. Il aperçoit devant lui un cheval et un
Sonnet LXXVI – William Shakespeare
Pourquoi ma poésie est-elle ainsi dénuée des caprices nouveaux, et se garde-t-elle ainsi des variations et des changements subits ? Pourquoi, selon la mode du moment, ne tourné-je pas les regards vers les méthodes nouvelles et les formules étrangères ? Pourquoi suis-je
Angoisse – Stéphane Mallarmé
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête En qui vont les péchés d’un peuple, ni creuser Dans tes cheveux impurs une triste tempête Sous l’incurable ennui que verse mon baiser : Je demande à ton lit
Journal d’ usine
“L’épuisement finit par me faire oublier les raisons véritables de mon séjour en usine, rend presque invincible pour moi la tentation la plus forte que comporte cette vie: celle de ne plus penser, seul et unique moyen de ne pas
Solitude – Guy de Maupassant
Je ne me sens jamais plus seul que lorsque je livre mon cœur à quelque ami, parce que je comprends mieux alors l’infranchissable obstacle. Il est là, cet homme ; je vois ses yeux clairs sur moi ; mais son âme, derrière
Sourire – Mikhaïl Lermontov
Quand je te vois sourire, Mon cœur s’épanouit, Et je voudrais te dire, Ce que mon cœur me dit ! Alors toute ma vie A mes yeux apparaît ; Je maudis, et je prie, Et je pleure en secret. Car sans toi,
Un amour importun
Le fleuve léthargique de ma vie, Mina, s’est écoulé paresseusement vers une mer pacifique. Moi qui désirais si ardemment me laisser emporter par un torrent déchainé ! C’était il y a bien longtemps. Puis hier, Mina, hier au soir, je