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Notre Auber

Notre Auber qui êtes Jussieu Que Simplon soit Parmentier Que Ta Volontaires soit Place des Fêtes Que Ton Rennes arrive Sur Voltaire comme Courcelles Donne-nous Galliéni notre Havre-Caumartin Et ne nous soumets pas à la Convention Cambronne-nous nos Défense Comme

Ballade en proverbes du vieux temps

Il faut de tout pour faire un monde Il faut des vieillards tremblotants Il faut des milliards de secondes Il faut chaque chose en son temps En mars il y a le printemps Il est un mois où l’on moissonne

Je mourrai d’un cancer de la colonne vertébrale

Je mourrai d’un cancer de la colonne vertébrale Ça sera par un soir horrible Clair, chaud, parfumé, sensuel Je mourrai d’un pourrissement De certaines cellules peu connues Je mourrai d’une jambe arrachée Par un rat géant jailli d’un trou géant

Haïkus de printemps II

Sous la pluie de printemps une belle jeune fille lâche un long bâillement Issa   L’hirondelle fait une culbute – qu’a t-elle oublié ? Otsuyu   Viens jouer avec moi moineau orphelin Issa   Tout fourbu cherchant un gîte pour

Mort d’un jeune homme

Il est mort le beau jeune homme en allant au rendez-vous par une belle après-midi d’automne où le soleil avait des reflets roux   Ses belles dents cassées comme du verre son front charmant crevé comme un tambour ses mains

Lolita

[Incipit] I Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li.

Autoportrait du descendeur

Mon métier consiste à descendre du haut de la montagne jusqu’en bas. À descendre le plus vite possible. C’est un métier d’homme. D’abord parce que lorsqu’il est en haut l’homme a envie de descendre en bas le plus vite possible,

Variations sur un thème de Marcel Proust

00 Texte-souche Longtemps je me suis couché de bonne heure 01 Réorganisation alphabétique B CC EEEEEEEE G HH I J L MM NNN OOO P R SSS T UUU 02 Anagramme Hé, Jules, ce môme chenu de Proust songe bien

Ça tourne pas rond dans ma p’tite tête

On vient d’renvoyer la bonne paraît qu’elle volait des sous à maman elle a pleuré comm’ un’ folle crié qu’c’est injuste et fait des serments c’est moi qu’ai dit qu’il l’avait vue naturell’ment tout l’monde m’a cru c’est pas vrai

Haïkus de printemps

Jusqu’à mon ombre est pleine de vigueur ce premier matin de printemps Issa     Les rides sur l’eau fondent peu à peu la glace du lac Shiki   Ici de l’eau et là de l’eau les eaux du printemps