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L’armée des ombres

[Incipit] L’ÉVASION IL pleuvait. La voiture cellulaire montait et descendait lentement la route glissante qui suivait les courbes des collines. Gerbier était seul à l’intérieur de la voiture avec un gendarme. Un autre gendarme conduisait. Celui qui gardait Gerbier avait

Paludes

[Incipit]   Mardi. Vers cinq heures le temps fraîchit ; je fermai mes fenêtres et je me remis à écrire. À six heures entra mon grand ami Hubert ; il revenait du manège. Il dit : « Tiens ! tu

Nuage

[Extrait]   Et si Django était mort de chagrin ? Enveloppé dans un nuage d’oubli, l’ex-star des zazous n’a pas si bien supporté que ça une traversée du désert pour laquelle son caractère n’était pas préparé. C’est d’ailleurs en marchant

Les petits coins vert-épinard

[Extrait]   J’avais mal compris, dans mon premier séjour à Balbec — et peut-être bien Andrée avait fait comme moi — le caractère d’Albertine. J’avais cru que c’était frivolité, mais ne savais si toutes nos supplications ne réussiraient pas à la retenir

La journée du musicien

  L’artiste doit régler sa vie. Voici l’horaire précis de mes actes journaliers : Mon lever : à 7h18 ; inspiré : de 10h23 à 11h47. Je déjeune à 12h11 et quitte la table à 12h14. Salutaire promenade à cheval, dans le fond de

Nature Morte

Vous avez peut-être remarqué, au Salon de cette année, un petit tableau, à peu près grand comme cette feuille, lequel représente tout simplement une boîte à sardines sur un coin de table. Non pas une boîte pleine de sardines, mais

Le Bourgeois versifié

  Monsieur Jourdain Il faut que je vous fasse enfin la confidence Que je suis amoureux, et de toute évidence La personne que j’aime et dont les qualités Ne le cèdent en rien aux plus grandes beautés Attend de moi

Le Bourgeois gentilhomme

[Extrait] Acte II, scène IV   Monsieur Jourdain Je vous en prie. Au reste, il faut que je vous fasse une confidence. Je suis amoureux d’une personne de grande qualité, et je souhaiterais que vous m’aidassiez à  lui écrire quelque

Haïkus d’été (pluvieux)

Les nuages accélèrent au rythme du cri du coq de bruyère Issa   Le vent cesse l’eau s’égoutte dans les bois chante un coucou Kikaku   Si rudement tombe sur les œillets l’averse d’été Sampû   Les jours de pluie

Les pieds dans l’eau

[Incipit]   Si le ciel lui avait accordé une vraie passion pour quoi que ce soit, fût-ce pour la pêche à la ligne, je la respecterais… STENDHAL. C’était à Paris, en juillet 1973. Par un de ces temps de canicule